OFF : sélection Estelledeblog : Red (style)tto – p68 (programme)

Un titre fashion pour un « glamour frappé » et un spectacle qui en dit tellement plus long. Ex-ister, c’est être en dehors de soi donc dans l’espace de l’autre, c’est tout l’enjeu d’un duo, d’une danse, d’une vie. Lorine de Azevedo et Florence Callet se donnent la réplique en tapant du stilleto sur le sol à un rythme flamenco, ondulant leur corps à la manière des danses traditionnelles arabes, métissant les chorégraphies d’une danse contemporaine caméléon. Tout commence par le début, je ne vous apprends rien. Premier tableau de ce tryptique : l’origine. La chorégraphie évoque les danses sacrées, les terres arides, les éléments. Un univers des temps immémoriaux surgit avec une modernité bouleversante de jeunesse. Le ton est donné, ces jeunes femmes inventent leur propre style de danse, un (styl)etto dans le sens où il est offert avec joie, esquisse créative très prometteuse d’une chorégraphie qui en a encore sous le pied, olé !

Justement deuxième tableau, les prémisses du flamenco et du tango. Deux jeunes femmes modernes taquines, séduisent et se défient du talon, se remaquillent s’assument en tant que femme plus que Narcisse n’aurait jamais osé à l’heure actuelle. Quelle femme ne se reconnaîtrait-elle pas dans ce rapport compétitif pour « sex-ister » à la fois vers un partenaire cible mais aussi en se confrontant à d’autres rivales / rivaux ?!?! Elles osent…avec humour elles osent… en rouge et noir !

Noir, le deuil, la révolte, la souffrance du troisième tableau, résolument flamenco : un cri. Un cri du corps et de la danse, un châle traditionnel enferme une cage, étouffe un corps. Un sang sombre coule dans les veines de la femme et lui donne cette contenance royale, cette légitimité universelle. La femme ex-iste par elle même par sa résistance, ses combats, elle est l’alpha mais peu aussi être l’oméga. Le noir, la robe couleur chair, les silhouettes transcendantes, rayonnent et tourbillonnent sous l’axe d’une tension verticale de femme fatale. Le flamenco devient une évidence sur « summer time », un clin d’œil malicieux, tarentinien sur Pulp fiction.

Chaque danseuse a son ex-istence scénique l’une rayonne de joie de vivre de malice, l’autre flamboie de fierté. La singularité de chaque stiletto au cœur d’une danse métissée. Deux singuliers pour une symbiose.

Et la musique… métissée elle aussi. Un ensemble indescriptible de musique orientale, de flamenco, de tango, de …porque te vas… voire même d’électro, de rythmes synthétiques. Les styles se lient parfaitement créant un OMNI (objet musical non identifié), bien vivant, étrange et pourtant si familier.

J’arrive à la fin de mon article sans vous avoir conté mon première impression… vous savez lors d’un spectacle la première chose qui vous émerveille, qui vous scotche à votre siège plus surement que du chatterton. Pour Red(Style)tto, glamour oblige, c’est un froissement de tissus. LES COSTUMES SONT SENSATIONNELS. Un trésor d’inventivité, chaque chorégraphie est d’abord un costume et je ne parle pas seulement d’une jolie robe. Un habit qui met en valeur le mouvement, l’ondulation, qui fait pétiller l’intention. Les tenues de l’origine oscillent entre la séduction des danseuses du ventre, les costumes traditionnels, et comme un air de jasmine puis la modernité d’un pantalon bleu qui n’est pas sans faire penser au jean. Second tableau une robe noire simple et pourtant si féminine avec un trait de rouge qui vole pour l’une et dessine le décolleté de l’autre, l’abstraction faite femme dans la fatalité de ses lignes tranchées. Dernier tableau, une robe de flamenco dans les règles de l’art avec des volants, couleur chair comme la matérialisation d’un corps qui réagit et qui vit, qui respire, qui s’ouvre. Par dessus un voile de tradition, l’ombre noire d’un grand châle de flamenco comme une ombre funeste. Un corset noir lacé devant souligne le maintien de la danseuse. Le tempérament de guerrière est exacerbé par des jambières noires lacées surmontant les chaussures traditionnelles de flamenco.

Ce spectacle c’est le mouvement de la jeunesse qui s’assume en tant que femme et ose, putain de merde, ose magnifiquement, artistiquement et subjugue. La femme est artiste, la femme ou plutôt les femmes sont forces, un seul et même cri : un mouvement du corps, un claquement de stiletto, glamour frappés s’il vous plait !

Du talent, des artistes à suivre assurément.

Pour plus d’information :

www.synapcie.com

https://twitter.com/synapcie

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